Consultation publique: destructions de loups en 2016-17 et la suite

Ois Nat, le 19 juillet 2016 –

 

La synthèse de la consultation est en ligne sur le site des Consultations publiques du MEEM.

web Principales conclusions de la consultation publique sur le projet d’arrêté : fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2016-2017

« 90% des contributions sont rédigées contre le projet d’arrêté » !

L’arrêté est pris le 5 juillet:

pdfArrêté du 5 juillet 2016 fixant le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2016-2017

 


Ois Nat, le 31/05/2016 –

 

Alors que « Toutes les données permettant de déterminer habituellement l’évolution de la population lupine n’ont pas encore été obtenues.« , la consultation publique concernant le projet d’arrêté fixant le nombre maximum de loups  dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2016-2017 est ouverte sur le site Internet du Ministère du Développement durable.

Du 31/05/2016 au 22/06/2016

web Vers le site des consultations publiques du MEEM – Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2016-2017

 

Loup en danger! (Image Férus)

Loup en danger! (Image Férus)

Voici l’avis posté par l’association Oiseaux Nature:

Le Loup (Canis lupus) est une espèce :

  • présente en France avec un effectif estimé à seulement 300 individus, soit moins de 3% de son effectif historique ;
  • présente sur moins de 1% de son aire de répartition originelle dans le pays ;
  • inscrite dans la catégorie « vulnérable » sur la liste rouge des  mammifères  menacés  au  niveau  national  ;  classée  «  protégée  »  en  France  ;
  • classée « strictement protégée » en Europe par la Directive Habitats Faune Flore (annexes 2 et 4)  et  par  la  Convention  de  Berne  (annexe  2)  :  ces  textes  prévoient  le  maintien de la population dans un état de conservation favorable au niveau national, interdisent la mise en place d’une régulation de cette population et n’autorisent la destruction d’individus qu’à titre dérogatoire exceptionnel lorsque toute les autres solutions ont été tentées pour l’éviter.

Deux  arrêtés  ministériels  du  30/06/15  encadrent  les  tirs  de  Loups  en  France.  Le  premier définit  les  modalités  de  ces  tirs  (différenciant  notamment  :  les  «  tirs  de  prélèvement  » pouvant être réalisés par des chasseurs hors du contexte de la prédation sur le bétail ; les «  tirs  de  défense  »  devant  être  réalisés  près  du  bétail)  ;  le  second  arrêté  fixe  à  36  le «  plafond  »  ou  nombre  maximal  de  Loups  pouvant  être  abattus  pour  l’année  2015-2016.

Depuis  le  début  de  cette  période  (en  juillet  2015),  au  moins  43  Loups  ont  été  tués  par l’Homme, dont 35 décomptés du plafond car tués avec une preuve d’intention (33 abattus légalement, 2 braconnés) et 8 non décomptés (principalement des collisions routières) ; enfin, 2  autres  ont  été  trouvés  morts  sans  cause identifiée.  Un  autre  projet  est  en discussion, prévoyant l’abattage avant juillet 2016 de 6 Loups supplémentaires au-delà du «plafond» 2015-2016 (3 arrêtés successifs autorisant le tir de 2 Loups chacun).

Le présent projet d’arrêté fixe à 36 le nombre de Loups pouvant être abattus pour la période allant du 1er  juillet 2016 au 30 juin 2017, dont un nombre maximal de 27 avant fin septembre 2016 ; le projet prévoit que le maximum de 36 pourra « être révisé en fonction des données disponibles  décrivant  la  situation  biologique  du  loup  sur  le  territoire  national  à  l’issue  de l’hiver 2015-2016 ».

Concernant le projet d’arrêté ministériel « fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2016-2017 » l’association Oiseaux Nature émet un avis défavorable compte-tenu :

  • De l’absence d’une estimation scientifiquement robuste et fiable de la population lupine ;
  • D’une destruction possible d’un nombre d’individus supérieur au quota fixé l’année précédente, alors même que l’ONCFS admet qu’on ne connaît pas encore l’impact des tirs légaux effectués durant la période 2015-2016 sur la population ;
  • Des engagements pris par la France au niveau Européen en termes de conservation de l’espèce ;
  • De l’absence d’une prise en compte des solutions de cohabitation pouvant être mises en œuvre avec le monde agricole ;
  • De l’absence de critères précis d’application géographique de l’arrêté, notamment en zones de reconquête de l’espèce, secteurs pour lesquels aucun tir ne devrait être autorisé ;
  • D’un contexte agricole difficile lié à une filière en crise, il ne nous semble donc pas opportun de délivrer un message aussi simpliste que « détruisons les loups qui nous gênent ».

Dans le Grand Est, les associations de protection de la nature agissent bénévolement auprès des éleveurs confrontés à des attaques sur leurs troupeaux, et essayent de trouver avec eux les solutions les plus efficaces : clôtures suffisamment hautes et électrifiées, Foxlights, haies défensives… L’expérience commence à porter ses fruits. Malheureusement, les techniques actuellement proposées par l’Etat ne sont pas toujours adaptées.

Aucun chiffre récent n’a été publié concernant la population de loups dans le Grand Est ; un seul cas de reproduction a été mis en évidence dans le Massif vosgien en 2013. Il existe tout au plus quelques individus. Néanmoins, des autorisations de tir ont été accordées, avant même que des mesures de protection soient correctement mises en place.

L’association Oiseaux-Nature estime que l’Etat doit mettre la priorité sur l’application de solutions de cohabitation pour préserver le loup et le pastoralisme extensif, plutôt que dans des moyens de destruction de son patrimoine naturel et culturel.

 

Et aussi, la réponse de la SFPM à la consultation publique

pdf Avis de la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères – juin 2016

 

et encore le message du GEML:

« Bonjour à tous,
Comme vous le savez, la situation du loup en Lorraine, voir même en France, n’est pas à son apogée. Les associations de protection de la nature avec la participation et le soutien de leurs bénévoles continuent leurs actions pour accompagner le retour du loup dans le Grand Est et son maintien en France.
Vous êtes beaucoup à suivre l’actualité de ce sujet sensible et bon nombre d’entre vous ont participé aux « activités loup » du GEML. Un nouveau projet d’arrêté vient d’être publié sur le site du Ministère (voir pièce jointe) pour autoriser très prochainement de nouveaux tirs de destruction du loup pour la période 2016-2017. Le nombre de loups autorisé à être détruits s’élève à 36 loups pour la période du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017. Il est important de préciser qu’aucune estimation des effectifs de la population de loups en France n’a encore été publiée par l’ONCFS. Les impacts des précédents prélèvements sur la population de loups, sûrement importants, n’ont pas été pris en compte.

« Hurlons avec les loups » ! »