Consultation publique: moratoire sur la chasse des courlis cendrés et des barges à queue noire

Ois Nat, le 30 juillet 2018 –

 

Nous connaissons tous ce jeu qui consiste à enlever un à un les pétales d’une marguerite…En participant à l’accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA), la France (les décideurs du sort des oiseaux), suspendant la chasse des courlis cendrés « excepté sur le domaine public maritime« , joue à ce jeu: …un peu, beaucoup, passionnément…pas du tout.

site web Internet Consultation publique: Arrêté relatif à la suspension de la chasse de certaines espèces de gibier en France métropolitaine – MTES Du 10/07/2018 au 31/07/2018

 

L’avis d’Oiseaux Nature:

Oiseaux Nature, association de 450 adhérents, qui œuvre depuis près de 40 ans dans les Vosges pour la protection de l’environnement et la préservation de la biodiversité, ne peut être que favorable à la prolongation des moratoires sur la chasse de la Barge à queue noire et du Courlis cendré, dans le cadre de l’Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie.

Néanmoins la prolongation d’un an nous semble tout particulièrement insuffisante pour le rétablissement de ces espèces et nous demandons la sortie de celles-ci de la liste des «espèces chassables» et leur totale protection en France.

En plus d’être insuffisant nous jugeons cet arrêté incohérent : le domaine public maritime français est un des lieux d’hivernage fréquent pour les courlis cendrés… là où sont chassés la majorité d’entre eux ! Quelle est donc la raison pour laquelle les Courlis cendrés sont encore chassables sur les zones Littorales ? Nous demandons que le moratoire sur la chasse soit étendu à l’ensemble de la France, y compris le littoral pour l’espèce Courlis cendré.

Enfin, nous demandons la sortie de la liste des espèces chassables et la protection de toute urgence d’autres espèces d’oiseaux dont la survie est en jeu. En effet, au vu de la chute des populations de nombreuses espèces d’oiseaux, la pression faite par la chasse sur ces populations n’a plus lieu d’être et l’arrêt de la chasse serait une mesure à effet immédiat. Comment justifier les panneaux publicitaires des fédérations de chasse qui mentionnent : «La chasse est une nécessité pour la biodiversité» et en même temps revendiquer de pouvoir chasser des espèces dont l’existence est fortement menacée ?

L’alouette des champs dans les Vosges est exemplaire à ce sujet : elle fait partie des espèces dont la population a le plus diminué ces dernières années (https://www.mnhn.fr/fr/recherche-expertise/actualites/printemps-2018-s-annonce-silencieux-campagnes-francaises). L’alouette des champs est en voie d’éradication dans notre campagne à cause de l’agriculture intensive, des aménagements fonciers, etc…et pourtant toujours chassable ! A l’instar du Courlis Cendré et de la Barge à queue noire, l’alouette des champs pourrait bénéficier de cette mesure de protection qu’est l’arrêt de la chasse et ceci sans dispositif onéreux. Et il est bien d’autres espèces chassables mal en point pour lesquels cette même mesure devrait être prise : les vanneaux huppés (classés quasi-menacés/UICN), les chevaliers gambettes, arlequins et aboyeurs, etc…

 

PNG Courlis cendré

A qui profite le crime?