Des renardeaux à l’école…suite de cette affaire de 2013

Ois Nat, le 09 septembre 2017 –

 

Souvenez-vous pour ceux qui nous suivent, Mr Maurice BELCOURT de Vincey, piégeur agréé (de renards) qui ne respectait pas la loi sur le piégeage… ce monsieur a été condamné sur la demande d’Oiseaux Nature, jugement  exécutoire après la fin du délai de pourvoi, en août 2017.

C’est bien parce chacun de vous appuie son action que l’association a pu faire valoir que le comportement du condamné a porté atteinte aux intérêts collectifs que nous défendons tous ensemble.

Il nous reste à faire connaitre cette décision. Lisez ce jugement très instructif ci-dessous et faites le circuler.

 

Rappel de cette affaire des deux malheureux renardeaux qui date de juin 2013 :

Vincey La biographie du renard à l'école primaire - Vosges Matin 18 juin 2013

Vincey La biographie du renard à l’école primaire – VoM 18 juin 2013

 

Affaire que nous relations dans le Troglo n°121 de février 2014 :

Des renardeaux à l'école...Le Troglo 121-février 2014

Pour info :
(L’arrêté ministériel du 29 janvier 2007 sur notre site : Le piégeage, une pratique réglementée mais barbare et cruelle
L’arrêté ministériel du 10 août 2004 fixant les règles générales de fonctionnement des installations d’élevage d’agrément d’animaux d’espèces non domestiques sur le site Légifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000005851004 )

 

Oiseaux Nature à tout d’abord saisi le tribunal correctionnel qui a, à notre grande surprise, relaxé le piégeur en 2014.

Mais nous n’en sommes pas restés là car l’infraction n’était pas punie à la hauteur du préjudice que nous subissions dans notre travail de protection de la nature et d’éducation à la protection de l’environnement. D’une part, outre la cruauté d’avoir enfermé trois jours durant et exposé au public, des jeunes animaux sensibles non sevrés (La mère a-t-elle était tuée sous leurs yeux ? Comment ont-ils été nourris ou plutôt affamés ? etc…), on peut se demander qu’elle a été l’enseignement fait aux enfants concernant la biologie du renard (et de la fouine), et si les notions importantes d’équilibre écologique et du respect du vivant ont été abordées? D’autre part l’action de ce piégeur a fortement nuit aux actions de l’association et de ses adhérents et sympathisants qui visent à la réhabilitation du renard et à sa future protection. La justice devait être rendue et nous avons fait assigner le piégeur devant le tribunal de grande Instance en février 2016.

 

Enfin la bonne nouvelle est tombée : le TGI d’Epinal a décidé en avril 2017, de condamner Mr BELCOURT à verser à l’association Oiseaux Nature 500€ de dommages et intérêts et 200€ pour les frais engendrés par le procès (hors honoraires d’avocat). Ce piégeur qui ne respecta pas la loi devra débourser au total plus ou moins 1500€ avec les honoraires de son avocat.

pdf Affaire Belcourt/renardeaux – Jugement 20-04-2017

 

 

Renardeaux - © Fabrice Cahez

Renardeaux – © Fabrice Cahez

 

Et si vous n’êtes pas complétement convaincu de l’inutilité et de des sévices infligés aux animaux sauvages et/ou domestiques par le piégeage, voyez ci-dessous par exemple cette malheureuse histoire dans un village de la plaine des Vosges que nous vous décrivions dans notre article du 27 juin 2017 : Le piégeage, une activité nuisible à faire cesser!

Le 13 juin, une maman allant chercher son enfant à l’école a vu non loin de celle-ci, un renard (c’est en fait une renarde) se débattre, la patte accrochée dans un grillage. Elle a demandé de l’aide à différentes personnes dont l’ASPA afin de libérer ce malheureux animal. Arrivé sur place l’association constate que ce n’est pas la patte qui est entravée mais le tour du ventre et ce n’est pas par le grillage mais par un collet (Le collet est un piège fait avec du câble métallique et qui doit avoir un arrêtoir pour éviter l’étranglement…). La renarde a été délivrée et soignée avec l’aide d’un vétérinaire mais elle a peu de chance de s’en sortir au vue de la blessure profonde au ventre, blessure provoquée par le collet qui se serrait alors que la renarde se débattait pour se sortir de là.

Cette renarde qui a pris le risque de sortir le jour, était très sûrement en quête de nourriture pour ses petits…maintenant condamnés eux aussi.

Nous avons à faire ici, une fois de plus :

-à un acte inutile: un autre renard prendra la place vide, la protection des biens est plus efficace. Le renard a sa place dans nos campagnes c’est un prédateur auxiliaire de l’agriculture qui ne prolifère pas.

-à un acte cruel: l’animal sauvage souffre comme tout autre animal domestique. Une femelle tuée au printemps c’est toute une portée qui va mourir de faim. D’autre part, les pièges soit disant tuants ou non tuants peuvent dans les deux cas provoquer des blessures mortelles et/ou la mort lente des animaux. Les dénominations de «pièges non tuants» sont des euphémismes qui cachent une réalité sordide.

-à un acte dangereux: le piégeage est non sélectif (oiseaux, blaireaux, chats, chiens etc…), aveugle et douloureux, son contrôle est le plus souvent aléatoire.

-à un acte « moyenâgeux » qui renie l’éducation des jeunes au respect de la vie, et qui méconnait le fonctionnement des écosystèmes.

 

Insupportable agonie pour cette renarde si des personnes charitables n’étaient pas intervenues, l’arrière de son corps est, en fait, pris dans un collet

 

 

Piège non tuant, doux euphémisme?

 

Le temps est venu pour l’arrêt total du piégeage !