Le piégeage, une activité nuisible à faire cesser! (actualisation liste des « nuisibles » 2015)

Ois Nat, le 27 septembre 2017 –

 

Suite à des recours au Conseil d’État par des associations de défense de l’environnement, mais aussi et malheureusement par des fédérations de chasse (voir ci dessous), l’annulation et le retour au classement « nuisible » de certaines espèces est formalisé dans un nouvel arrêté.

pdf Arrêté du 11 juillet 2017 modifiant l’arrêté du 30 juin 2015 pris pour l’application de l’article R. 427-6 du code de l’environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles, en application de la décision n° 393045 du 14 juin 2017 du Conseil d’Etat statuant au contentieux

 

Au sujet du putois qui réapparait sur la liste pour la Vendée et qui est déjà sur la liste pour certains autres départements! :

Dans un rapport de janvier 2017, transmis au ministère de l’environnement, la Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères (SFEPM) juge au contraire qu’il est une espèce en déclin, qu’il faut le placer en «espèce protégée» et rappelle ses effets positifs.

 


 

Ois Nat, le 27 juin 2017 –

 

Nous vous relatons une victoire à juste titre et qui a sûrement demandé beaucoup d’énergie…mais globalement rien de réjouissant, allez donc jusqu’à la fin de l’article et vous en saurez plus.

Suite à des recours auprès du Conseil d’Etat, les associations ASPAS, FNE et Humanité et Biodiversité obtiennent le 14 juin 2017, l’annulation du classement dans la liste des « nuisibles », selon l’arrêté du 30 juin 2015, pour 14 espèces dans 12 départements – Bravo!

Vous pouvez retrouvez les espèces et les départements concernés par cette mesure sur les sites de la FNE et de l’ASPAS:

 

web Victoire juridique : Le Conseil d’État annule le classement de certaines espèces « nuisibles » – FNE

 

web « NUISIBLES » : 14 espèces déclassées par le Conseil d’Etat – ASPAS

 

Dans le même temps des fédérations de chasse et des associations de piégeurs demandaient l’annulation de l’arrêté du 30 juin 2015 afin de réintroduire dans cette liste certaines espèces dans certains départements et ainsi ils ont obtenu le retour de la belette dans le Pas de Calais et le retour du putois en Vendée sur la liste nuisible:

pdf Conseil d État 14-06-2017 – Décision Retrait pie corneille fouine étourneau belette et Retour putois belette pour certains départements

 

Souvenez vous de notre action auprès du Conseil d’État pour faire annuler les 4 espèces classées « nuisibles » sur la liste concernant les Vosges: le corbeau, la corneille, la fouine, le renard. Malgré les conclusions du rapporteur public, malgré des irrégularités constatées sur les déclarations de dégâts, notre requête a été rejetée…!?

 

Qu’est que tout cela veut dire?

-Tout d’abord, des milliers d’animaux sont tués inutilement en attendant des décisions…

-Les décisions de classement sur cette liste nuisible sont hasardeuses ( déclarations invérifiables, pas de véritable suivi scientifique, notion de « nuisible » sans fondement, etc…). Nous pouvons d’ailleurs en prendre la mesure sur le site de la fédération de chasse des Vosges qui dit à propos de la prochaine liste: « A vous de jouer » et souhaite que d’autres espèces soient ajoutées…quel jeu!

-Des animaux dont les populations diminuent dangereusement se trouvent dans ces listes!

-L’existence de cette liste permet de tuer les espèces qui y sont présentes toute l’année non seulement par tirs mais aussi par déterrage et piégeage qui sont des activités d’une cruauté égale à la tauromachie, à la chasse à courre, aux combats d’animaux…

Non seulement le piégeage est une pratique barbare, souvenez vous de la fouine aux 4 pattes sectionnées mais il est en plus non sélectif, souvenez vous aussi de la buse aux 2 pattes coupées par un piège. Ces animaux ont agonisé longuement et combien d’autres protégés, non protégés, domestiques se retrouvent ainsi blessés, le plus souvent mourants sans être achevés. Le nombre est très certainement très élevé trop élevé, les pièges en vente librement en attestent, les contrôles pratiquement inexistants facilite la tuerie.

 

Vivre avec la Belette         Vivre avec le Putois

Le ROC n’existe plus mais déjà en son temps comme Ois Nat, cette association luttait pour une cohabitation pacifique avec les petits prédateurs. Combien de temps encore faudra-t-il  pour les laisser en paix…avant qu’ils ne disparaissent?

 

Notre ami Gérard Charollois nous explique tout cela très bien dans sa lettre du 24 juin: « La belette et le conseil d’Etat » que nous retranscrivons en partie ci dessous:

(Vous trouverez l’intégralité de la lettre sur le site CVN)

« Je demande à Monsieur le Ministre de la « transition écologique » Nicolas HULOT de mettre un terme au scandale règlementaire que constitue la persistance de la notion d’espèce nuisible.
Certes, le mot qui sentait par trop son arriéré a disparu du droit depuis cinq ans, mais le concept demeure présent avec son lot d’aberration, de persécutions, d’agressions contre la faune en violation des faits.
Ma radicalité revendiquée me permet de dire que le chasseur est un fauteur de troubles des équilibres naturels, une nuisance, un problème sans pareil, un individu destructeur dans la nature, un négationniste des droits de l’animal.
La nature a besoin d’être protégée et non « gérée » à la mode cynégétique, c’est-à-dire artificialisée, privée de ses prédateurs naturels, de ses équilibres écologiques.
L’administration classe « espèces à problèmes » celles que le chasseur veut détruire en dehors des périodes d’ouverture de la chasse et par des procédés complémentaires de ceux usités dans le loisir de mort et en particulier par piégeage, passe-temps cruel et malsain d’une poignée de tueurs agréés par les préfectures à cette fin peu glorieuse.
Loin de poser des problèmes, fouines, martres, putois, renards, belettes et consorts participent aux équilibres écologiques par leurs prédations et leur consommation de cadavres de petits animaux dans la nature.
Des études ont même révélé, dans un esprit très utilitariste et spéculatif, que ces carnivores étaient de précieux auxiliaires de l’agriculture.
Mais, devient « nuisible » l’animal que le chasseur veut persécuter après la fermeture de la chasse et par le piège.
Les associations de protection de la nature contestent, chaque année, les arrêtés de classement et le Conseil d’Etat fluctue en estimant qu’ici telle espèce a été stigmatisée par erreur et que là il n’y a rien à redire au classement.
Bien sûr, des groupements de chasseurs suscitent des témoignages de pauvres gens victimes des déprédations des animaux qu’ils souhaitent voir classer nuisibles.
Des esprits rétrogrades s’évertuent de traquer les derniers mustélidés dont les effectifs s’amenuisent, car la seule gestion qui intéresse ces personnages est celle du nombre de piégeurs.
Or, pour conserver des vocations, il faut maintenir les pratiques, donc il faut du classement.
Ces jours-ci, répondant aux recours de chasseurs, le Conseil d’Etat vient d’enjoindre au préfet du PAS-DE-CALAIS de coucher la minuscule belette sur la liste des « nuisibles » et au préfet de VENDÉE de réserver le même sort au putois.
Voilà qui ridiculisera le conseil d’Etat lorsque, dans quelques années, les observateurs prendront connaissance de ces décisions, fruits de l’ignorance.
Je pense qu’il conviendrait d’introduire au concours de l’ENA une épreuve de science, plus utile qu’une simple gymnastique de note de synthèse.
Car il est frappant de constater la méconnaissance profonde des données biologique par les juristes.
Nuisible, la belette !
Ce micro-mammifère pèse 80 grammes, peut se glisser dans un trou guère plus large qu’une pièce de monnaie. Elle consomme des proies à sa taille : souris, campagnols, musaraignes. Mais surtout, victime d’autres prédateurs dont le chat, empoisonnée par la consommation de rongeurs eux-mêmes préalablement empoisonnés, écrasée sur les routes, la belette disparaît.
Seule l’ignorance peut laisser croire à la nocivité redoutable de ce tout petit animal qui ne boit pas le sang de ses proies comme l’imaginent les obscurantistes et peut-être certains messieurs du conseil d’état !
Le putois, en revanche, est plus puissant mais lui aussi se fait bien rare et sera confondu avec le vison d’Europe, espèce en voie de disparation et totalement protégée.
Et puis, comment concevoir qu’une espèce soit nuisible ?
Toutes les espèces ont un droit à vivre sur la terre et la seule espèce nuisible serait celle qui anéantirait le vivant.
Simplifions la réglementation relative à la protection de la nature en posant, en principe, que toute espèce est préservée et qu’il n’y a plus lieu à persécuter les pies, corneilles, geais et belettes, renards .
Disons clairement qu’en Europe, aujourd’hui, tuer pour se distraire constitue une faute morale et que la chasse en notre temps n’a plus rien de commun avec celle des peuples primitifs qui traquaient les autres animaux uniquement pour se nourrir et non pour s’amuser et faire de cette mort une activité récréationnelle.
Derrière les impostures de la notion d’espèces à problème ne se rencontre que la perversité de ceux qui jouissent des prérogatives de tuer.
Aucune considération objective n’étaye les classements et il y a prétexte comme lorsque les chasseurs tentent de faire classer « nuisible » le pigeon ramier migrateur sur les cols ardéchois où l’espèce qui ne fait que passer n’occasionne pas le moindre dégât, dans l’unique dessein de pouvoir tuer en mars, en violation du droit européen.
La grande imposture réside dans cette propagande grossièrement mensongère d’un lobby chasse qui parle de « gestion » mais dont l’unique obsession est de tuer le plus possible avec le moins de restriction possible.
Désormais, les lois d’ici et d’ailleurs admettent que « l’animal est un être sensible ».
L’animal : très bien. Mais pas l’animal sauvage qui peut être fusillé, piégé, persécuté au nid ou au terrier, en migration, de jour et de nuit, pendant presque toute l’année en ce pays car d’ouvertures anticipées en clôtures différées, de classement en « gibier » en classement en « nuisible », l’animal libre ne connaît pas de trêve.
Qu’est-ce qui peut justifier qu’un blaireau soit torturé avant mise à mort alors que le même traitement infligé à un animal de compagnie enverrait le tortionnaire sadique devant le juge correctionnel ?
Un renard, un sanglier, une fouine souffriraient-ils moins qu’un chien ou un chat ?
La loi cède devant la perversion d’individus dont la mort est la culture et qui jouissent de faire saigner dans les champs les animaux sauvages et dans les arènes des taureaux suppliciés.
Alors, Monsieur le Ministre, agissez pour réconcilier le droit et le fait, la logique et le cœur, la volonté démocratique du pays et le respect du vivant en supprimant le concept d’espèce à problème…. »

 

Le temps est venu pour l’arrêt total du piégeage.

 

Voir aussi notre page: chasse piégeage et

l’Arrêté du 30 juin 2015 fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles