Pollution par la papèterie à Etival-Clairefontaine: Communiqué de Presse du collectif d’associations « Rivières propres »

Ois Nat, le 29 septembre 2018 –

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

La pollution majeure de la Meurthe qui a eu lieu le week end du 15 septembre, interpelle les habitants, les naturalistes et le « collectif rivières propres ». Entre le site des papeteries de Clairefontaine et les vannes de Raon, les constats effectués par les sociétés locales de pêche, l’AFB, la commune, la Fédération départementale de la pêche, la DREAL font état d’une mortalité de 100% sur 7km ! L’émotion a été forte sur la population durant tout le WE et nous ne pouvons que faire part de notre colère et notre indignation.

Une réunion le samedi 22 a eu lieu (Maires de Raon, Etival, DREAL, responsable sécurité de la Papèterie, représentant des Sté de pêche…et de nombreux habitants salle Beauregard)

Le produit incriminé, selon le  représentant de l’usine qui a refusé d’en dire plus, serait une amine, ou polyamine, utilisé comme adjuvant de surface dans la fabrication du papier. Nous pensons qu’il pourrait s’agir de polyamine-épichlorhydrine aux propriétés toxicologiques pour le moins inquiétantes (perturbateur endocrinien, cancérigène probable chez l’homme)

Ce produit livré auparavant en futs, a été livré en vrac dans une citerne dont la vanne, au joint corrodé, aurait fui pendant 24 h. Ce produit recueilli dans le bac de rétention général de l’usine, a fini par arriver à la station d’épuration, puis a été rejeté à la Meurthe.

Ces 24 tonnes de ce produit très toxique, ont eu un effet foudroyant pour les poissons (Mortalité estimée à 3 tonnes !) mais aussi sa nourriture, c’est-à-dire larves et microcrustacés. De plus il est à craindre une contamination des poissons survivants ce qui a amené  l’ARS à interdire pour 15 jours la consommation de ceux-ci dans le secteur pollué.

 

Il est aberrant et contraire aux bonnes pratiques qu’un produit chimique dangereux et toxique recueilli dans une fosse de rétention soit dirigé dans la station d’épuration sans analyse et sans précaution particulière.

L’entreprise se serait engagée à dédommager les pêcheurs et à installer  un système d’alarme en ce qui concerne le stockage de ce produit.

Nous ne pouvons qu’encourager ces derniers à refuser toute transaction amiable et à obtenir les dédommagements qui s’imposent par le biais d’une procédure pénale en déposant plainte au côté des associations.

En effet, sans cela l’entreprise sollicitera son assurance et ne souffrira d’aucune sanction alors que des infractions ont visiblement été commises (déchets toxiques déversés dans le milieu naturel)

Certaines espèces rares seront difficiles a réimplanter, comme la Lamproie de Planer espèce protégée au niveau européen (directive Habitat), et une partie de la zone Natura 2000 est détruite. Il faudra de 5 à 10 ans pour que la Meurthe récupère et certaines espèces ne pourront pas être réintroduites car non élevées…

De lourdes amendes doivent sanctionner ces comportements irresponsables afin de dissuader leurs auteurs de récidiver. Cette entreprise a déjà été responsable d’une pollution en 2015.

A l’expérience, les nombreuses transactions entre les pêcheurs et les entreprises responsables de pollutions évitent à celles-ci les conséquences pénales et ne sont donc pas dissuasives! Ils peuvent ainsi éviter des poursuites pour récidives beaucoup plus lourdement sanctionnées.  Les deux graves pollutions de la papeterie d’Etival en sont hélas l’illustration.

 

Le Collectif « Rivières propres »:

l’association Vosges Nature Environnement (VNE),

l’association de Sauvegarde des Vallées et de Prévention des Pollutions (ASVPP),

l’association Oiseaux Nature