Utilisation du débroussaillant Génoxone au Roulier en 2018, Oiseaux Nature se porte partie civile – Affaire à suivre

Ois Nat, le 16 février 2021 –

 

Le prévenu a arrosé au GENOXONE (débrousaillant), sources, ruisseaux et haies…stérilisés!

La notice du produit indique une efficacité effroyable : sur une écrasante majorité de végétaux dont les arbres, tout est détruit à «T + 12 mois»!
«Le délai de réintroduction du bétail, de production de foin et d’ensilage est de 15 jours»
Il est recommandé de l’utiliser «sans traiter plus de 20% de la superficie dans le cadre d’une utilisation sur prairie»

Pourquoi?…Voici la réponse :
Les verbalisateurs ont noté une incidence «forte» et une incidence dans le temps «durable»
En cet été 2018, la France et particulièrement les Vosges, souffrent d’une sécheresse catastrophique. La flore souffre et la faune encore plus, qui se replie pour survivre dans les quelques rares secteurs où il reste un peu d’humidité. Exactement là où le prévenu agit.

Que s’est-il passé ensuite?

1°) juste au moment où le prévenu a pulvérisé son biocide :
De fines gouttelettes ont été dispersées dans l’air, l’eau, sur les plantes mais aussi sur tous les animaux qui n’ont pu s’échapper : la liste est très longue car ce havre de biodiversité humide abrite une chaine alimentaire aussi complexe que fragile.
Ainsi, des orthoptères (criquets, sauterelles, grillons), des chenilles et papillons, des agrions et autres libellules, des bourdons et abeilles, probablement des hérissons et des micromammifères cachés sous les herbes, probablement plusieurs couleuvres d’eau et leurs proies, les batraciens ont été couverts du poison.

2°) dans les heures qui ont suivi :
Les adultes de pie-grièche écorcheur locaux sont revenus sur les piquets de parc, leur milieu de vie typique, accompagnés de leurs jeunes en cours d’émancipation en juillet. Ce sont les seuls endroits dans ces parcs entourés de milieux naturels encore relativement épargnés où il y a des proies à consommer. L’espèce est protégée par la loi, pas par les humains et se raréfie à grande vitesse.
Les chenilles et coléoptères dont elles se nourrissent, sonnés donc certainement plus amorphes, plus visibles, ont empoisonné ces oiseaux.
Le même phénomène s’est produit pour les autres espèces fréquentant ce milieu : la bergeronnette des ruisseaux, un de nos joyaux vivant uniquement dans ce type de milieu, les bruants jaunes, le tarier des prés, à l’agonie dans les Vosges, le tarier pâtre et bien d’autres.
Les alevins des truites et autres espèces de poissons non pêchables ainsi que toute la faune aquatique ont péri.

3°) la nuit qui a suivi:
Les noctuelles et autres insectes vespéraux et nocturnes sont la nourriture des pipistrelles et autres chauves-souris. L’hécatombe les a tous concernés.

4°) 10 jours plus tard:
Les berges des ruisseaux, silencieuses, voient leur végétation se dessécher. La buse variable, habituée à se percher sur les piquets de parc recherche d’éventuels petits rongeurs et lombrics dans cette zone humide.
Nous sommes dans la période des 15 jours ou le milieu est dangereux pour la vie d’après la notice du Génoxone… La buse sera empoisonnée et finira – au mieux – dans un centre de soins à 100 ou 200 km d’ici, transportée par un membre d’Oiseaux-Nature. Ils ont l’habitude !!!Sans cesse sollicités…
La majorité des oiseaux empoisonnés comme cela meurent. La mandataire Oiseaux nature, peut en témoigner.

5°) début septembre : 
Malgré la sécheresse qui jaunit tout partout, l’évidence apparaît : ce secteur qui devrait être le seul à rester en vie, vert, est dévasté!
Les agents verbalisateurs le constatent, font des photos éloquentes et mettent en évidence l’irresponsabilité et l’inconscience de l’utilisateur du produit. Ils ne peuvent évidemment quantifier l’importance des pertes en vie sauvage.

6°) le désastre continue :
Jusqu’en juillet prochain au moins, aucune vie ne pourra reconquérir ces sources et ruisseaux. Le fabriquant du produit s’en félicite pour le promouvoir.

Les impacts auxquels on ne pense pas :
La nature ayant «horreur du vide» toutes les espèces animales dites «territoriales» sont à la recherche d’un espace libéré pour s’installer.
Et viennent s’empoisonner à la suite des premiers disparus. Dramatique, il s’agit des jeunes à peine émancipés à la recherche de territoires disponibles.
Les perles, plécoptères, phryganes et autres insectes au développement larvaire aquatique pratiquent à l’état adulte, donc en volant, une migration vers les sources pour compenser le phénomène bien connu de dévalaison.
Tous trouveront un désert empoisonné où il est impossible de se nourrir…
Le prévenu a déclaré traiter tous les 3 ans, ce qui montre la dangerosité du produit. Dans toute la chaine alimentaire, les espèces les plus sensibles ne peuvent reconquérir le terrain perdu.
Les ronces en profitent à leur détriment.

Rompre les équilibres écologiques par le poison est la pire des choses.

Le prévenu pouvait ÉVIDEMMENT agir autrement. Des simples barbelés en partie basse sont suffisants pour contenir les vaches sans nécessiter d’entretien régulier et au pire, un simple fil électrique au-dessus renforce leur efficacité.

A SUIVRE: Jugement à venir le 11 mars